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„Plutôt l’avant-garde que le dernier carré !” entretien avec Vincent Vauclin président du mouvement Dissidence Française

Merci d’avoir accepté de faire cet entretien. Présentez-vous à nos compatriotes Polonais. Comment avait débuté votre aventure nationaliste? Dans quelles conditions était né votre engagement politique ?

Tout d’abord, je tiens à saluer votre initiative et à vous remercier de me donner la parole. Comme beaucoup de jeunes de ma génération, c’est un long cheminement intellectuel qui m’a amené à mieux comprendre les enjeux contemporains et à m’engager totalement dans le combat nationaliste. Je suis né en 1989, l’année de la chute du Mur du Berlin et du triomphe du monde libéral qui proclamait la „fin de l’Histoire”. Issu de la gauche, j’ai vite compris l’imposture du marxisme culturel, l’hypocrisie des partis du Système et la nécessité pour notre génération de s’organiser en dehors des structures du passé. En quelques années, j’ai vu mon pays s’enfoncer dans le déclin, submergé par une invasion migratoire sans précédent, et se soumettant à la dictature de la finance internationale et des lobbies communautaires. Avec plusieurs camarades nous avons alors fondé, il y a près de 10 ans, une organisation qui s’est rapidement développée : la Dissidence Française.

Avant de passer au thème central de notre conversation, j’aimerais demander: d’où vient le nom de votre organisation ? Pour biens de raisons, elle peut être intéressante pour un lecteur Polonais; voilà pourquoi on demande d’où viens ce nom? Comment comprenez-vous le terme <<Dissidence>> ?

Le terme de „Dissidence” s’est imposé tout naturellement : à l’instar des dissidents de l’ex-URSS, le monde occidental est sous le joug d’un Système totalitaire où nous ne sommes que des ressources humaines dont la seule fonction est de produire et de consommer. Ce monde n’est pas le nôtre, nous refusons de rentrer dans ses cases et de nous soumettre à ses impératifs. Nous assumons donc une rupture nette avec le totalitarisme moderne et avec le politiquement correct. Nous rejetons en bloc le mondialisme libéral et cosmopolite. En résumé, nous sommes dissidents parce que nous proclamons une sécession avec l’ordre établi et parce que nous militons pour l’avènement d’un Etat nouveau qui rendra à la notre pays la maîtrise de sa destinée.

Quelle est la vision politique et métapolitique de la Dissidence Française ? En quoi est-elle différente des autres organisations actives dans le milieu nationaliste français ?

Politiquement, la Dissidence Française est le seul parti politique français qui n’a pas peur de reconnaître l’existence du Grand Remplacement et qui propose l’organisation d’une politique de remigration, c’est-à-dire de retour des immigrés dans leurs pays d’origine. D’un point de vue économique, la Dissidence Française propose une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme, et nous militons pour libérer notre économie de la finance, du libre-échange et du racket fiscal. Nous plaçons les intérêts nationaux avant les intérêts particuliers, nous refusons les délires libertaires et nous militons par exemple pour l’abrogation de la loi instituant le „mariage gay”. Nous voulons rendre à notre pays sa souveraineté, son indépendance et sa puissance, nous voulons libérer l’Etat Français des tutelles étrangères (UE, OTAN etc…) mais aussi de l’influence de certains lobbies communautaires ou de minorités agissantes. Nous voulons développer une nouvelle écologie, enracinée et respectueuse des identités locales. Ainsi, la Dissidence Française assume un programme Révolutionnaire-Conservateur, développe des propositions nouvelles, et organise régulièrement des actions militantes et sociales concrètes très différentes de ce que font les autres partis politiques.

Plusieurs nationalistes en Pologne se méfient de l’institution des partis politiques, l’associant implicitement à la corruption et le compromis. Dites-nous, d’où vient l’idée de se transformer en parti politique? En dehors de la possibilité d’être élus, que peuvent les nationalistes accomplir en tant que parti politique qu’ils ne peuvent en tant que mouvement ou autre forme d’organisation ?

Il y a environ un an, notre mouvement est devenu un parti politique. Et en France aussi, nous nous méfions naturellement des partis politiques qui sont tous corrompus et qui ne font que mentir et trahir. Mais après presque 10 ans de militantisme et de métapolitique, la Dissidence Française avait atteint un seuil : nous ne pouvions plus aller plus loin, il devenait nécessaire de changer d’échelle et de franchir un cap, si nous voulions poursuivre notre développement. Alors nous avons décidé la transformation de notre organisation en parti politique, pour peser encore davantage dans le débat public, pour forcer les autres partis politiques à se positionner sur notre terrain idéologique, et pour démasquer les imposteurs de droite comme de gauche. Il faut aussi savoir qu’en France, les nationalistes devaient jusqu’ici se contenter du Rassemblement National de Marine Le Pen : or, ce parti s’est renié, ce parti a trahi ses idées fondamentales, ce parti ne nous représente plus. Nous avons donc décidé de nous représenter par nous-même, justement pour ne pas laisser la politique aux imposteurs et aux corrompus. Nous ne voulions plus être spectateurs, il était temps pour nous d’aller plus loin et de devenir acteurs de l’Histoire.

La Dissidence Française a pris partdes dernières élections au parlement Européen. Parlez-en nous. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision ? Quels étaient vos préparations pour la campagne électorale; quelle en était l’expérience et quels en étaient les résultats ?

En effet, pour la première fois nous avons participé aux élections européennes de mai 2019. Pour nous, c’était une nécessité : le premier rôle d’un parti politique, c’est de participer aux élections. Nous avons donc travaillé avec acharnement pour présenter notre liste aux élections européennes : ce fut la Liste de la Reconquête. Grâce à cette candidature, nous avons pu bénéficier d’un accès médiatique et faire entendre largement nos idées. Pour la première fois, des millions de Français ont entendu parler de Grand Remplacement et de remigration. Malheureusement, nous n’avions pas suffisamment de moyens pour faire un très haut score. Il faut savoir qu’en France, l’impression des bulletins de vote est à la charge des candidats, et non de l’Etat. Or, nous n’avions pas le million d’euros nécessaire pour imprimer tous ces bulletins de vote, et nous avons dû demander à nos supporters de l’imprimer eux-même chez eux. Malgré tout, nous avons réuni près de 5 000 voix et nous arrivés en 28ème position sur 34 listes. Pour une première candidature et avec un budget de moins de 3 000 euros, c’est déjà un franc succès.

Selon vous, en tant que nationalistes, que faut-il faire pour trouver sa place sur l’arène politique et en même temps ne pas perdre son caractère ni idéaux? Est-ce même possible ? Que pouvez-vous dire, prenant avantage de votre expérience, aux autres nationalistes qui commencent à penser à la politique.

C’est effectivement une question importante. Je pense que la démocratie et le parlementarisme favorise naturellement la corruption, l’esprit bourgeois et la compromission. Mais je pense aussi qu’on peut réussir à se préserver de deux façons : d’abord grâce à une doctrine et à des principes solides, forgés dans le feu de l’action militante ; ensuite, grâce à l’éthique personnelle de cadres et de militants rigoureusement sélectionnés pour leurs vertus et leurs formations, et qui se battent pour leur pays et non pour des postes électifs. C’est la raison pour laquelle la Dissidence Française attache une importance particulière à la formation de ses militants, notamment lors de notre camp d’été annuel „ReWild, Rebel’s Training Center”.

Quelle place les professionnels et les instruits devraient-ils avoir à l’intérieur des partis et mouvements nationalistes  ? Comment pouvons-nous les recueillir et quelle signifiance ont-ils en ce qui concerne l’engagement politique ?

Comme je le disais précédemment, la formation des militants est d’une importance capitale. Et c’est le rôle des intellectuels d’élaborer cette formation et de réussir à transmettre des idées et des méthodes. Cependant, il est important de garder à l’esprit que la formation ne suffit pas : c’est dans l’action que la formation est mise à l’épreuve. Ainsi, un mouvement qui offrirait une formation solide à ses militants mais qui n’offrirait aucune perspective d’action ne serait pas réellement un mouvement politique, mais un simple think-tank comme il en existe des centaines. Inversement, un mouvement qui se contente de l’action sans formation est destiné à la récupération, à la dissipation ou à la disparition. J’ajoute que lorsqu’on parle de formations intellectuelles et politiques, il est important de ne pas se limiter aux seuls auteurs nationalistes du siècle dernier. Le monde a changé, et il est important d’enrichir la formation militante avec des idées nouvelles et des concepts actuels, pour ne pas en laisser le monopole à nos adversaires (par exemple, l’écologie est une notion fondamentale qui ne devrait pas être abandonnée à la gauche).

Que pensez-vous d’une longue marche à travers les institutions ? Est-ce possible, avec les réalités actuelles, de prendre contrôle des institutions de l’État de l’intérieur ? Croyez-vous du tout au succès d’une telle idée ?

Comme l’écrivait Charles Maurras : „Tout désespoir en politique est une sottise absolue”. Cela signifie que tout est toujours possible, avec de l’intelligence et de la volonté. Je suis convaincu que les nationalistes auront un rôle déterminant à jouer dans les années qui viennent. Mais même si cela n’était pas le cas, nous devons faire ce que nous avons à faire, sans se préoccuper de l’échec ou de la victoire. Pour répondre plus précisément, il est vrai que le Système peut sembler puissant, omnipotent et invincible. Pourtant, les circonstances peuvent changer très rapidement. Ce fut le cas en 1989 lors de la chute du Mur de Berlin, qui fut un évènement inattendu que peu d’observateurs auraient pu prévoir. Plus récemment en France, le mouvement des Gilets Jaunes a fait vaciller le pouvoir, et durant quelques semaines tout aurait pu basculer. Notre rôle est celui d’une avant-garde : nous devons nous tenir prêts à toute éventualité.

En juillet, vous avez écrit que l’union des droites est un piège qui livreraient des millions de votes nationalistes à la <droite républicaine>>, aux sionistes et à ceux qui adoptent une politique de laïcisme sous prétexte de vouloir défendre les valeurs occidentales. D’autres part, plusieurs prétendent que puisque le temps joue contre nous, il faut absolument profiter du réservoir électoral qui se dit <<de droite>>. Selon vous, quels critères sont nécessaires pour envisager une union avec d’autres organisations et mouvements à l’intérieur du pays ?

Par principe, je n’ai rien contre le rassemblement de toutes les forces de résistance au Système. Mais encore faut-il s’entendre au préalable sur un ensemble de principes communs et non se contenter d’additionner des points de sondage ou de multiplier des formules démagogiques. Si j’ai dénoncé le piège de „l’union des droites”, c’est parce que de toute évidence il s’agit de l’ultime tentative de sauvetage de la droite libérale et affairiste, celle-là même qui est responsable du désastre dans lequel se trouve la France aujourd’hui. Compte-tenu des enjeux et des défis que nous avons à relever, il me paraît important de définir clairement la notion de „droite”, plus précisément ce que nous appelons la „droite alternative” ou la „droite de la reconquête”. Voici, selon moi, les quatre orientations de cette droite nouvelle :

1 – La question identitaire est incontournable. Face aux problématiques du grand remplacement et de la sédition communautariste, l’enjeu n’est plus seulement migratoire : il est démographique. L’organisation d’une politique de remigration, c’est-à-dire d’inversion des flux migratoires et de retour des immigrés dans leur pays d’origine, est une nécessité impérieuse qui tôt ou tard sera rendue nécessaire par les circonstances.

2 – Opposer l’identité et la souveraineté relève de l’hémiplégie. La nation ne peut se concevoir que comme une communauté de destin consciente de ses racines charnelles et historiques, de ses ancrages linguistiques et culturels, et aspirant à l’indépendance et à la puissance. Ainsi l’affirmation identitaire et la légitimité à prétendre à la souveraineté dépendent l’une de l’autre. Là où l’identité est bafouée, la souveraineté est menacée. Là où la souveraineté est niée, l’identité est en péril.

3 – La « république » ne constitue pas la solution, mais bien une partie du problème. Le recours systématique aux « valeurs républicaines » dissimule en réalité un projet idéologique qui n’est autre que celui de l’effacement de la France et de son remplacement par une entité post-nationale et communautariste, livrée pieds et poings liés à la prédation de tout ce que compte le monde d’intérêts étrangers et mercantiles.

4 – La subversion morale précède toujours l’hégémonie du Capital. Chaque offensive « progressiste », chaque coup porté aux institutions séculaires et à l’ordre traditionnel de la société correspond à une nouvelle percée matérialiste et à une extension du monde marchand. La contestation du libéralisme-libertaire doit donc s’opérer d’une part au nom de la défense des valeurs traditionnelles de notre civilisation et de son héritage millénaire, et d’autre part au nom du refus de la réification intégrale des rapports sociaux et de l’assujettissement des individus à l’utilitarisme et l’uniformisation de la société libérale.

La situation politique en France s’est compliquée depuis quelques mois. Le mouvement des « Gilets Jaunes » a révolutionné la question de la protestation civile et désobéissance face aux autorités. Que pouvez-vous nous dire sur ce sujet ? Comment l’évaluez-vous ? Est-ce que les nationalistes en France ont pu trouver leur place dans ce mouvement ?

La mobilisation des Gilets Jaunes fut une séquence politique typiquement révolutionnaire, qui aurait pu réellement aboutir à la chute du gouvernement. Cette mobilisation fut le résultat d’une crise de représentation politique, d’une rupture entre le „pays réel” et le „pays légal”, et d’une exaspération généralisée contre le racket fiscal et la précarité. Loin des syndicats et des partis du Système, des centaines de milliers de Français ont pris l’initiative de bloquer les routes, les villes, les péages, bref de paralyser le pays. A ce mouvement spontané et populaire, le gouvernement de Macron a répondu par une répression extrêmement violente, avec des milliers d’arrestations et de mutilations. Dès l’origine, les nationalistes Français ont participé à cette mobilisation et j’étais moi-même impliqué sur le terrain dès le premier jour de manifestation. Malheureusement, le mouvement fut en partie récupéré par l’extrême-gauche et le gouvernement a finalement réussi à contenir la mobilisation. Mais je crois que la colère est toujours présente et n’attend qu’une étincelle pour s’enflammer à nouveau. Notre rôle sera alors d’offrir une issue politique à cette profonde crise sociale, et de proposer une alternative intégrale à cette société en perdition dont les Français ne veulent plus.

La tradition de notre journal est telle que les derniers mots dans nos entretiens appartiennent à notre interlocuteur:

Malgré les difficultés, malgré les menaces, malgré les intimidations, n’oubliez jamais que nous sommes la génération de la reconquête. C’est là notre vocation historique, et la victoire est à notre portée. Plutôt l’avant-garde que le dernier carré !

Questions pour l’entretien: Michał Szymański

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